Vivre.sa.vie

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Samedi 6 juin 2020 à 23:21

 

Il n’y a plus beaucoup d’encre à mon stylo.

 

Je me suis autoproclamé hypersensible il y a quelques semaines. Ça m’a apporté des réponses à certaines de mes questions. Seulement il parait qu’on est vingt pourcent. Et si je coche toutes les cases, je ressens davantage de choses, comme l’impression d’être au delà. Il doit y avoir d’autres étiquettes à coller, qui ne serviront à rien d’autre qu’à comprendre. Je me suis rangé au sens positif du terme et si avant ce n’était que se laisser submerger par ses émotions, aujourd’hui c’est un sixième sens.

C’est beau et rassurant. 

 

N’empêche que ça ne sert à rien les jours de pluie. Seul dans son lit. 

J’écoute des chansons en attendant que le temps passe. Je réfléchis à ce que je ressens, à mes envies et mes manques. 

Mille neuf cent mètres c’était beau. C’était simple. Il y avait aussi le bruit du vent qui caressait les crêtes. Je me suis assis sur un gros cailloux et j’ai parlé à un bouquetin qui traînait là. Je lui ai dit que le préfet voulait le tuer. Il s’en foutait, il continuait de manger. Il n’y avait plus que le bruit de l’herbe qui s’écrasait dans sa bouche. On s’est apprivoisés. Puis j’ai eu froid, j’ai dû le quitter avec regrets. 

Triste vie.

 

J’ai couru sans trop savoir où j’allais. J’étais au milieu des vaches avec leurs énormes cloches, les chèvres, puis le chamois, une marmotte sur un rocher, mais le bouquetin est au dessus de tout. Le bouquetin c’est mon ami, il est gentil. Ils veulent les tuer parce que certains ont peut être une maladie transmissible aux troupeaux puis à l’homme via le reblochon qu’ils produisent dans le coin. Avoir le droit de vie ou de mort sur un animal, qui n’est peut être même pas malade, me tue. Ce gros sac de préfet lui il s’en fout. Il va pas en montagne, il ne les croise pas tous les jours. Il ne leur parle pas. Non, il les tue. Enfin il les fait tuer. Pour l’économie de la vallée, pour quelques euros. L’homme est une sous merde. 

Comme tous ces pro chasseurs écervelés qui croient qu’il faut réguler la faune en tuant à tout va. Comme si la planète avait attendue l’homme pour se réguler. 

 

De toute façon je ne suis pas compatible. Je ne suis pas compatible avec la masse, le rond qui rentre pas dans le carré quoi.

 

Je laisse passer ma vie. Alors qu’il y a de si belles choses à vivre. Quand on est excentré on regarde les autres faire. On les envie, on les critique, on oublie de vivre. Vivre avec quoi, avec qui. 

Comme si j’étais seul. 

 

J’écoute des chansons en attendant que le temps passe. La journée je vis. Plein de choses, comme tout le monde. En vrai, ou dans mes pensées, mais je vis.

Le soir j’oublie.

 

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