Vivre.sa.vie

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Samedi 20 juin 2020 à 22:43

 

Chaque jour de travail je regarde par ma fenêtre et j’ai cette montagne en face, juste à côté. Ce n’est pas la plus belle mais elle dépasse les deux mille. Aujourd’hui j’ai décidé d’y aller, il était temps, avant de l’appeler suite à ses examens.

 

Rien est clair c’est énervant. C’est tout lui. On ne saura pas. Cancer. Il a prononcé le mot. Qu’est ce que je fais moi là dedans ? Ça me fait de la peine de le savoir à bout. C’est normal. Je ne sais pas comment réagir face à tout ça. Il n’a même pas dit ce que j’avais, comme si je ne comptais pas. Je lui ai dit, il a eu plusieurs chances de le faire mais il ne l’a jamais dit. On sera passé à côté de tellement de choses. Tout m’a montré que je n’y étais pour rien. 

Demain on fait quoi, je te souhaite une bonne fête ?

 

La vie s’écoule. 

Est ce à cause de ça que j’avais du mal à respirer aujourd’hui, peut être. Pour gravir des montagnes il y a du monde, mais pour gérer tout ça, ça semble plus compliqué. Si j’ai peur ? Je suis un homme.

 

Avant ça. Est ce que tu te laisses approcher ? J’ai eu droit à un vrai sourire tout à l’heure au retour. Elle avait pas l’air bien quand je l’ai croisée à l’aller. Éphémère. J’étais content qu’elle me sourit et que son visage s’exprime. Mais mon corps dévalait le sentier en pente. Je me suis enfuis. Je ne comprends pas tout ça. Alors j’avance sans savoir. Au moins elle a sourit. 

 

J’ai la chance de croiser des personnes seules qui montrent qu’elles veulent discuter. Trop d’honneur. J’aimerai bien discuter moi. Mais je suis pas bon pour parler longtemps. Mes mots invitent à la fuite. Aux sourires respectueux et sincères. Mais à la fuite.

 

Bon. Trop de tout. 

On fait quoi maintenant ?

 

Les touristes payent des fortunes pour passer quelques jours là où j’habite. 

Des fortunes pour ne même pas voir ce qu’il y a de plus beau. La montagne sauvage, silencieuse, orange. 

Ce sont tous les mêmes. 

Ils sont sans doute plus heureux que moi et pourtant je les plains. Mais vraiment.

 

La mer je la vis de la même façon. 

Qu’est ce que j’aimerai retourner ce jour où je suis monté je ne sais plus où avant de redescendre jusqu’à la mer. A la mer avec mes bâtons de trail. Et cette dame qui était venue me parler. Elle n’avait rien de fou à raconter et je la trouvais trop intéressante. Je me suis enfuis moins rapidement que d’habitude. 

Nous étions dans cette crique de textile et je ne savais plus trop comment ça marchait. Elle est partie se baigner avec son gros maillot de bain bleu nuit une pièce. J’avais l’impression qu’elle n’avait rien à faire la, qu’elle s’était perdue, elle aussi. Je n’ai pas touché l’eau, pourtant j’en aurait rêvé de me baigner. Mais après une sortie longue on ne se baigne bien que nu. On jette ses vêtements sur les plages et criques désertes, transpirant, sale, et on rentre dans cette eau libératrice. C’est ça Vivre. C’est le seul instant présent que j’arrive à vivre. Il n’y a rien à faire. Se laisser faire. Se laisser couler dans  le bonheur. Lavé de tout le quotidien, son lot d’incompréhensions et de questions. Se laisser vivre. L’eau salée sur la peau. Plus rien ne compte. 

 

Je ne connais ni la montagne ni la mer qu’ils fréquentent. Je ne me souviens plus comment je le vivais avant. C’est normal j’ai toujours fait table rase du passé. Ou presque. Je n’ai gardé que mes fugues au delà des frontières. Je ne sais pas ce que sont les zones fréquentées. Les périodes de chassés croisés. La mer et la montagne ailleurs. Sauvages. Je ne parle pas des villes, je n’y vais plus. J’ai pris l’habitude de partir quand tout le monde rentrait. Le problème c’est que plus je m’éloigne moins je veux revenir. Je suis à l’écart. Là où tout est plus beau. Et j’veux pas rentrer. 

 

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