Vivre.sa.vie

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Jeudi 14 mai 2020 à 23:55

 
Je me suis posé des millions de questions pendant toutes ces années. Des millions.
Je me suis torturé le ventre à ressentir des choses, si fortes, beaucoup trop fortes.
J’ai été triste, très triste. Incompris. Différent.
On l’est tous. Mais je me sentais différent des gens différents. 
Il y avait toujours cette porte ouverte sur un autre monde. Cette vie subie.
Submergé. Je rejette les émotions autant qu’elles m’attirent. Et dieu sait ce que je les rejette.
Qui est je ? Des années à chercher à comprendre, à croire que les réponses se trouveraient dans la réflexion.
Mon antidote, ce poison.
Putain qu’est ce que j’aime les mots. Rien que de voir une lettre se dessiner pour former un mot, ça me rend fou.
La réponse s’est trouvée au détour d’une vidéo.
La fin de journée précédente j’ai pleuré comme une merde. Immobile. Incapable de sortir ces putains de mots. Incapable.
J’aurai pu y jouer ma vie je n’aurai rien sorti. Je pouvais tout perdre.
Ces pleurs m’ont rappelé mon père, et cette incapacité à ne pas arriver à lui dire tout ce que je pensais. Léthargique.
Peut être pas de couilles. Peut être autre chose.
Une torture de l’esprit, jour et nuit. Des questions qui bouchonnent. Encombré.
Je voulais sauver la planète et je ne savais pas me sauver moi même. Abandonné.
Les gouttent de pluie s’abattaient sur le toit. Le vent dans les peupliers.
Ces bruits qui ne gênaient que moi. Subir la vie des gens. 
Essayer d’éponger ces émotions qui m’envahissaient inlassablement.
Ressentir, ressentir, ressentir bordel. Des années à rabâcher.
Ressentir. Tout trop fort, tout tout le temps. Vouloir se murer dans le silence assourdissant du vide sans pouvoir le faire.
Vouloir toucher la peau de ton dos sans pouvoir le faire. Manger la règle de la vie telle qu’elle est fabriquée. Toucher tout entière. 
Different, évidemment. 
Tu n’es rien et c’est bien trop. 
Chercher à faire battre mon cœur pour me sortir de mes peurs. D’où viennent ces pseudos mondes parallèles, immensément beaux et angoissants.
Des univers, fournis de millions d’étoiles. Autour de chaque étoile autant de mondes qui gravitent, autant de gens, autant de tout, pour autant d’empathie.
Stop. J’ai passé ma vie a voir le fond quand on me montrait la forme. A écouter les sons plutôt que les paroles. 
J’en ai été gêné de ressentir chez les autres ce qu’ils ignoraient d’eux même. 
Mais ça ne sert à rien. Si t’es tout seul dans ton monde tu luttes pour tenter de trouver un minimum de sens à ta vie. 
Aujourd’hui on porte tous un masque. Je n’avais pas attendu pour porter le miens. Tu te mens. 

Certains vous vont si mal. 

 

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