Vivre.sa.vie

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Mardi 2 juin 2020 à 23:02

Ce moment où tu rentres nu dans des draps propres.
Seul.

J’avais envie de courir. J’étais bien. J’avais chaud.
Les gens me fascinent. Enfin les gentils. Ou les femmes.
J'éprouve un réel plaisir à voir ce que le corps raconte. Les moindres gestes. Tout. Je n’y peux rien je suis constitué ainsi. Je ne suis pas du tout physionomiste, je dis bonjour aux gens plusieurs fois sans les reconnaître. Il faut dire que parfois je ne les regarde pas. Je les sens. Je les devine, je les lis. J’écris leurs histoires.
Leurs histoires. Parfois insipides.
Je suis un enfant. Je m’imagine bêtement des histoires incroyables, je vois de la magie ou il n’y en a pas.
Les gens me fascinent. Cinq minutes. Après je fuis. Je ne veux pas voir la suite.

J’ai besoin de croire qu’elles existent. Que t’existe.
Personne n’aime voir le feu s’éteindre.
Le sourire cloué sur mon visage. Cinq minutes. Puis vient la déception du cadeau de noël dont on ne voulait pas.
Déception en déception.
Je bois les micros gestes. Je les subis. Je vois tout sans regarder. Tu comprends ?
Puis je rentre chez moi. La vie en société n’est pas faite pour moi. La ville, les gens, leurs pensées m’agressent. Trop d’informations.
Enfant fragile. Je m’ennuie.
Ma magie je la crée tout seul. Je me dis que je ne suis peut être pas seul.
Les gens ont tendance à faire de longues phrases, ils cherchent des mots. Mais il ne suffit pas de les trouver. Qui sait, il y a peut être différentes façons de s’exprimer. Te toucher.
Il faut les laisser parler, perdre du temps. Mais pas tant que ça. Car si l’histoire est écrite, pendant ce temps je regarde ce qui émane. Ce que le corps raconte. J’aime le ressentir. Comme une curiosité.

J’ai couru, tête baissée. 
J’ai senti les quelques personnes parfois, à côté. J’ai rien demandé.
Je n’ai pas voulu ressentir autant.
Je ne l’ai jamais voulu. Je subis. Je m’ennuie. 

Je n’aime pas les gens. Une fois que la magie est épuisée, que le corps a parlé, que reste t-il ?
Je fuis, fatigué. La nature, elle, ne parle pas. Mais elle raconte aussi. Il n’y a pas de pensées secrètes, pas de non dit.
Elle te fait face, se met à nue. 

Comme toi. 

 

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