Vivre.sa.vie

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Samedi 1er août 2020 à 23:57

 

AVANT ÇA
Avant ça. Est ce que tu te laisses approcher ? J’ai eu droit à un vrai sourire tout à l’heure au retour. Elle avait pas l’air bien quand je l’ai croisée à l’aller. Éphémère. J’étais content qu’elle me sourit et que son visage s’exprime. Mais mon corps dévalait le sentier en pente. Je me suis enfuis. Je ne comprends pas tout ça. Alors j’avance sans savoir. Au moins elle a sourit. 

 

L’ÉCHELLE DE NORMALITÉ 

J’aurai voulu écouter autre chose que le blizzard mais il me hante je suis perdu dedans. Je devrais placer la barre de la normalité beaucoup plus basse qu’elle ne l’est. J’ai trop tendance à croire qu’il est normal de vivre des choses en espérant toujours le bonheur. 

Le bonheur c’est quand il ne se passe rien.  Que ton seul problème c’est de savoir si ta crique déserte le sera encore, que tu regardes tes pieds en te disant qu’il ne faut pas te blesser dans les rochers. Le bonheur c’est d’être au col de sosay un soir de juillet, complètement seul, se sentir être et vivant. Maître d’un corps qui se déplace et qui vole. 

Toujours un temps d’avance ou de retard, un décalage qui fait de l’instant quelque chose d’unique et de rare. Qui fait de toi quelqu’un de différent. Qui t’offre cette impression de vivre hors du temps. 

 

HLM

Célébrons le temps qui passe. Silence un peu, y’en a marre. J’en ai marre de tout gommer c’est usant. Gommer, gommer, effacer, s’acharner. Gommer. Gommer la vie écarlate, gommer ce qui ne tient qu’à un fil, percer la bulle pour qu’elle éclate. Tout détruire. Avant qu’on le détruise pour moi. Pourtant j’ai des envies parfois, de construire, des choses qui n’existent pas. Ça se passe à l’intérieur, comme dans les magasins, on ne peut pas toucher. On ne peut voir qu’avec le cœur. Conneries. Qu’avec les tripes. Les connexions du dernier étage, l’insomnie grandissante. La lumière qui reste allumée dans ces hlm dégueulasses. Éteins bordel, qu’on en finisse. Sinon je craque une allumette. Qu’on aille voir ensemble s’il reste une vie dans ces petits corps trop fragiles. Combien de poitrines n’ont plus le droit de voir le jour, combien de peau immobiles perdues dans les silences de nuits trop froides. J’ai l’impression d’attendre qu’il soit trop tard. Comme toi, comme tout, trop souvent. Pourtant la lumière finira par s’éteindre, sans faire de bruit. On finira par partir, sans faire nos bagages. On, parce qu’on est plusieurs, on, parce qu’on est mineurs. On est rien mais on y arrive déjà pas. 

 

RESPIRE 

Je m’éclaire à la musique qui démarre et qui me dicte inlassablement le chemin à suivre. Une espèce de terre battue crépite sous mes pas. Je me mets à courir et allonge le rythme pour fuir ce qui m’attire, me fais souffrance, de différences. Je suis submergé d’émotions, je suffoque, accélère les mouvements. Invincible et invisible, par le cœur et pour les gens. Les mots défilent dans ma tête, leur poids m’écrase, je me défends. Mon corps souffre, proche de la rupture, mon esprit s’évade, gagne en altitude. Plus rien ne me touche, plus rien ne me retiens, intouchable, les limites se repoussent à l’infini. Je peux courir, je peux sauter, sourire intérieurement. Les notes se fâchent, découpent et mettent la vie de côté. Je ne suis plus ce corps fourmi, rempli d’organes, noyés de sang, mais des pensées qui s’éveillent, s’agitent au dessus du soleil, bercées par le vent. Je suis les étoiles, je suis la vie, l’infiniment grand. Je suis celui qui respire, je suis vivant. 

 

FIN DE JOURNÉE

J’ai peur du vivant, de la vie qui s’affiche en devant. J’ai le vertige, peur de la chute. J’ai peur putain, j’en veux pas, j’en veux trop, je veux de toi, pour de faux. T’es mon soir, t’es mes nuits, t’es mon rêve. Je m’endors contre toi, j’ai ton corps contre moi. Plus rien n’arrive, plus rien importe, je me perds, je dérive, je t’emporte. 

 

L’ÉCHANGE 

Je voudrais te tenir, te retenir, dans mes bras. Entrer dans ton corps, dans ton cœur, pour un instant ou plus longtemps. Te goûter, savourer, te sentir, exploser. Je te voudrais près de moi, contre moi, frissonner à ton contact, te parcourir, en te gardant intacte. Te toucher, à moi. Entière, tout entière. Toute à moi, librement. Mélanger nos esprits, comme des étincelles dans l’obscur émouvant.

Je t’échange ton corps contre le mien. 

 

EN DEDANS 

A l’intérieur je vis les choses en très grand, c’est là dedans que je ressens l’infini, plus que dans cet univers qui ne se contient pas. Dans ma tête tout s’éclaire, dans mon corps tout se bat. Il est un morceau d’un parmi d’autres, un sans visage, un fantôme qui ne sort que la nuit. Je suis le loup, celui qu’on ne voit pas, je vis ma vie en éclats, de projections de lumières, de basses, je suis les yeux brillants d’un enfant dans un corps d’adulte à moitié mort. Mon cœur bat, il tape, se bat, s’en tape. J’aime pas les gens, j’aime pas la foule, les plusieurs, les normaux, les meilleurs. Je fuis leurs normes, le vide, la peur. Tous ces yeux qui regardent et ne voient pas. Tous ces gens qui voient mais ne sentent pas. Ma vie n’est pas là, je la vis à l’intérieur. Je suis inadapté, un peu à côté, je trimballe mon corps là où on me le demande, quand ma tête part dans d’autres directions. Elle se laisse porter par le souffle du vent. Celui de la liberté, de la solitude, de ce qui touche, profond, vivant. 

Qui est cette personne qui écrit le soir, qui écrit pour quoi.

 

 

Tu nous entends l’blizzard, tu nous entends ?

Si tu nous entends, va t’faire enculer 



 

Par Le.souvenir.d.une.etoile le Dimanche 2 août 2020 à 21:12
Fauve ..

tout autour de moi j'entends des gens qui comme toi ne se reconnaissent pas dans la "normalité" dans la "majorité" .. et pourtant tout continue ..
 

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