Vivre.sa.vie

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Samedi 13 juin 2020 à 22:59

 

 Il y a 4 mois j’ai mis le siège auto à l’arrière de la golf. 

J’avais prévu d’écrire un jour à ce sujet, puis les jours passent, on dirait.

Pas à l’arrière de la noire, c’en est une autre. 

Ça paraît rose dit comme ça. 

Si seulement tout l’était. 

Quand on court on peut croiser quelqu’un qui va plus vite que nous, on peut se sentir bête. Ou doubler à toute vitesse quelqu’un qui se traîne au contraire. Le truc, c’est qu’on ne sait pas d’où il vient comme il ne sait pas d’où tu viens. 

On ne court pas dix kilomètres comme on en court trente et plus. 

Les apparences sont parfois trompeuses. 

 

Aujourd’hui c’est le vide, les pages sont blanches. Comme ici. C’est terriblement vide. Les rues sont désertes. Il fût un temps où il y avait un peu de vie par ici. Des histoires, des textes, des personnes qui existent vraiment. 

Je l’ai déjà dit mais cette virtualité a ses avantages. Les réseaux sociaux. Ça permet de ne pas tricher, pas trop. Tu viens comme tu es et ceux qui ne sont pas contents vont voir ailleurs. Je n’ai jamais rien fait pour attirer les gens. Les hashtag me donneraient presque des boutons. À contre sens là aussi. À contre courant. La masse. 

C’est Juliette qui disait « j’aime pas beaucoup les gens, individuellement y’en a plein qui sont chiants ». Je viens de voir que c’est une chanson. Horrible soit dit en passant. J’ai jamais trop compris cette phrase, je pense tout l’inverse.

L’effet de masse. 

Individuellement tout le monde a son histoire, ses blessures, ses rêves, ses leçons de vie, son vécu. Mais quand les gens se rassemblent que reste t-il ? J’en sais rien, pas grand chose on dirait. Se dire des banalités, se sourire, se mentir un peu. Ils disent que c’est ça la vie. 

C’est sûr. Autant se sourire. 

Il y a toujours des gens qui sortent du lot. Qui entrent dans votre vie par la petite ou la grande porte. Ce sont les étoiles qui brillent dans le ciel. 

Je m’en fous, je me fous de tout ou presque. A l’intérieur surtout. Je me foutais des profs, de leurs notes, de leurs interros surprises. Je lui aurait fait bouffer sa feuille à ce con. 

La prof de philo elle, était bonne. Mon dieu j’ai pas écrit cette salissure ? Je ne sais pas ce qu’elle faisait là à ce genre de poste, si jeune, si belle. A ma façon hein. Si, elle avait de belles fesses. Ça n’avait échappé à personne. Elle savait les mettre en valeur dans des jeans trop serrés. Elle avait aussi un joli avant bras. Et des bracelets en argent je crois. Mais au delà de ses fesses elle avait surtout sa philosophie dans le fond du regard. J’étais trop aveuglé pour me heurter à cet espèce de non sens. Je pensais que la philosophie c’était une sorte de liberté. Mais elle nous apprenait à structurer nos textes. Finir par les questions etc. Mince. La liberté de penser par soi même menottée. Ça restait toujours plus intéressant que les maths. La prof de maths était vieille, comme toutes les profs de maths. 

Les rochers étaient glissants ce matin. Je me suis retrouvé seul, au milieu de rien pour certains, de tout. Je savais que ce serait une journée vide. Pourtant dedans c’est toujours vivant. J’ai galopé dans la neige. Elle tombe à la fin de l’automne, douce et délicieuse, mais elle vieilli mal quand revient l’été. J’aimerai être vivant. Tout entier et toute entière. De rochers et de mer. Il fait froid. J’aurai voulu la regarder à l’horizontale, allongé, le sol bouillonnant. J’aurai voulu me taire, toucher, lentement, pour suspendre la vie du bout des doigts. Parcourir ce qu’il reste de temps, celui qui s’écoule et qui nous éloignera dans un arrachement sans détour. J’aurai voulu ne plus laisser aucune feuille blanche, que chaque jour soit rempli de partitions. De basses en battements, de vagues en tourments, de clapotis innocents. Je suis attiré sur la plage interdite. Je pourrais m’y allonger quelques secondes ou plus, m’offrir une liberté, celle de pouvoir penser. Face au ciel et à cette immensité qui nous dépasse, face au temps qui passe, qui nous efface. Vivre mes rêves avant de me réveiller. 

Voir dans tes yeux le ciel qui s’exprime et les étoiles qui scintillent. Seul, face à toi, au bord du vide.

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