Vivre.sa.vie

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Lundi 11 mai 2020 à 22:18

 
Demain je retrouve mes montagnes. Elles étaient restées là, devant mes fenêtres, au lieu d’être sous mes pieds.
Je préfère la mer. Personne ici me croirait. Il suffit de voir ce qu’il se passe chez Instagram. 

Mais à la mer, il y a des gens. Trop. Alors je l’aime ma mer quand je marche pendant des heures sous la canicule pour retrouver mes criques de rêve à moitié abandonnées. 

Mes montagnes je les aime parce que je les mange à plein poumons.
Qui suis je ?
Tu la connais toi, cette sensation lorsque tu montes, de t’éloigner un peu plus à chaque pas de cette civilisation pourrie ?
A chaque mètre les poumons qui se remplissent et se vident inlassablement.
Les bruits sous les baskets, les plantes qu’on effleure, les couleurs du soleil qui se couche. Chaque pas.
Qui suis je ?
Pousser sur les bâtons ou sur les genoux qui commencent à perler. La brise qui te caresse ou qui te glace. Monter.
Apercevoir le sommets, entré dans un monde désert qui n’appartient qu’à toi. Pousser encore.
J’en ai vu passer des chamois, des bouquetins, des gypaètes, et j’en passe. J’en ai eu parfois. Des larmes aux yeux.
Ces soirs d’été là haut, tout seul. Accompagné des petits lacs de montagne, des roches, des petites fleurs.
Je ne parle pas de la vue. De là haut je domine le monde. 

Dans les descentes le corps s’emballe, il se transforme, il accélère il te dévore et tu dévales. Une légère traînée de poussières te suit, la liberté t’embarque et te secoue, toujours sur le fil, dessous le vide.

Tu l’as sentie l’accélération ? Ouais gna gna que des belles phrases. Mes les phrases prennent un tout autre sens sur ces crêtes des Aravis, seul face au Mont blanc ces soirs d’été. Au loin Annecy, Genève, la vallée de l’arve, et ces montagnes, partout.
Je suis si seul qu’il m’est arrivé d’y chanter. Moi le cowbloggeur, le déprimé, le mec avec sa petite vie de minable.
Qui suis je ?

Combien savent ce qu’il se passe là haut ?
Minable, tu domines le monde. T’as beau avoir une belle caisse, un costard, être une grande gueule ou ce que tu veux, vu d’en haut t’es qu’une merde, comme tous les autres. Tu ne sais pas qui je suis.
Qui suis je ? Tu ne sais pas ce que j’ai vécu. Pendant que tu te pignolais avec ta caisse j’avais devant les yeux, chaque soir, ce que tu ne verras jamais.

Tu le sais toi, qui je suis ?
Je me suis explosé le cœur sur des rochers, à l’eau salée, j’ai perdu la vue devant des mers de nuages, je me suis torché d’un silence si enivrant que je m’y suis noyé. Je je je.
Je ne suis rien. Je suis celui qui court en silence en bas de chez toi, sans te regarder. Aucun intérêt. Je suis celui qui ne parle pas quand il n’a pas envie de parler. Aucun intérêt. Je suis celui qui ne boit pas, parce que ça te fait chier. Aucun intérêt. Je suis celui qui ne se vante pas, tu le fais pour moi. Je suis le « gentil », le discret, l’asocial. Je suis sans intérêt. 

Je suis aussi celui qui t’emmerde, sur la pointe des pieds. 

 

 

 

 

Dimanche 19 avril 2020 à 22:25

Je déteste les gens autant que je les aime. 
J’en déteste 99% et les 1% restants comptent autant que les 99 autres.

Je suis attiré par le partage, la confiance infinie.
Se dévoiler à quelqu’un comme on ne se dévoile à personne d’autre.
La confidence. N’être pas sûr de ce que l’on dit, ce que l’on pense, mais le dire quand même parce que tout est partagé.
Je ne vois en aucun cas cela comme de la curiosité mal placée mais comme le soulagement de se dire que deux êtres humains pourraient se dévoiler et se faire profondément confiance. Sans jugements ni rien.
Savoir que quelqu’un est là. Qu’on est plus seul.
Se prouver que la relation entre humains peut être différente. Que sur une planète virtuelle le masque est inutile.
Il y a des choses qui peuvent se penser mais qui ne se disent pas. Pourquoi ? C’est comme ça. Ça a été défini ainsi dans l’éducation et la société.
Tiens d’un coup je repense à cette photo que j’avais faite de moi dans un petit bois. Un homme seul qui se déshabille et qui fait une photo. Qu’il fasse quoi que ce soit j’aurai été le premier à dire que le mec est chelou et que sa place est en psychiatrie ou en prison. Car ça doit être un fou, un violeur ou je ne sais quoi. C’est la première chose que je me dirai. Et encore aujourd’hui ! 
Pourtant les faits sont là. Je l’ai fait. Très innocemment. J’avais la profonde envie de faire de la photo et n’ayant pas de modèle je me suis mis devant l’objectif. Une photo. Un malaise. J’assume pas et je n’assumerai peut être jamais. C’est trop bizarre de faire ça. 
Je n’ai rien fait de mal. Je suis né ainsi et j’ai pris une photo. 
Je dévie. Mais il y avait tout de même un lien. 
Ca doit être un peu comme une nouvelle rencontre amoureuse, le moment de la découverte. Celle des personnalités, des caractères, la découverte physique aussi. J’ai la fâcheuse tendance à croire qu’on peut s’exploser de sentiments (de ressentis) en dehors d’une rencontre amoureuse. 

Hm je sais plus ou je voulais en venir. En tant qu’hypersensible (mon dieu quel mot horrible pour un mec) c’est assez étrange. Toutes les sensations sont énormes, tout déborde et tout bouillonne dans la tête. Ce n’est pas agréable, mais c’est très fort  et il semblerait qu’il faille autant que possible nourrir le cœur de ce genre de choses. 

Il semblerait que tout le monde n’en ait pas besoin. J’en sais rien. Peut être personne ? J’en sais rien. 

Que sait on des autres, quelle est la part de vrai sur vos visages. Qu’y a t’il dans votre cœur. De quoi avez vous besoin. Pourquoi n’en parlez vous pas. Ou est l’interdit. Qui fixe la frontière entre l’intime et la vie en communauté. De quoi avez vous envie. De quoi vous privez vous. Quels sont vos doutes. Oui c’est vrai ça, se « priver ». Pourquoi se priver d’envies, parfois simples. Il y a peut être une vie avant la mort.

Visiblement je me pose encore trop de questions. Mais c’est différent. Je m’obstine moins à chercher des réponses. Depuis quelques jours je crois que j’ai compris en quoi consiste de vivre l’instant présent. On ne peut pas changer le passer et on ne peut pas prédire le futur. La seule vie à vivre se trouve dans l’instant présent. 

Meme ça je n’assume pas. Toutes ces successions de lettres là. Pourtant je crois que je suis « normal ». 

 

Vendredi 24 janvier 2020 à 23:42

 
Depuis mon mini burn out je suis sur le fil. Je suis à bout, usé à l'os. 
Je n'ai pas besoin de quelques jours de vacances, non. Inutile. J'ai besoin de plusieurs mois, j'ai besoin de faire un reset complet. 
J'ai beaucoup de choses pour être heureux mais je ne le suis pas. La moindre chose m'irrite, je suis à bout. Au bout.
Les chiffres sont tombés, j'ai rapporté 900 mille euros à la boite. Et à moi, qu'est ce que je me suis apporté ?

Tout ça tu t'en fous toi. Ce que tu veux savoir c'est que rares sont les jours où je ne pense pas à ces bouts de vacances passés là bas. 
Avec ou sans toi.
Ce que tu veux savoir, c'est ce que j'en garde. Ce qu'il reste dans ma tête. Et surtout comment je le vois. 
Je n'en garde plus grand chose, le temps efface comme il efface l'encre de ton journal. 

Ce que j'en garde. Je garde des bons moments passés avec une personne unique avec qui je pouvais tout partager.
Quand t'as qu'une amie, ça fait d'elle ta meilleure amie. Quand tu es complémentaire comme on l'était, tu as beau avoir plein d'amis, ça fait d'elle ta meilleure amie. Celle avec qui tu pouvais traverser une espèce de frontière et te retrouver dans une parenthèse hors du temps. A relation unique, expériences uniques. Te trouver la tête enfournée dans ta 206+ sur le parking affichait la couleur. Trompette ou pas trompette, on avait passé la frontière, plus rien ne pouvait nous arriver de mal. J'en garde la première soirée au phare. Ce phare c'est un peu le phare qui guide mon coeur. Je jouais à chat perché pendant que tu te faisais dévorer. Je parle pas beaucoup d'habitude. Mais hors du temps "l'habitude" n'existe plus. 
On s'est donné, sans s'en rendre compte, la chance de vivre des moments inqualifiables.
Le premier soir à l'hotel, se retrouver sur l'espèce de terrasse devant une sangria dégueue. Puis à faire notre petite vie à l'arola. Les pas chassés bordel. Le mackintosh. Maria. La main sur le bloc béton de Cadaques. Les ricochets. Queen sur le parking devant l'hôtel. Les volets bleus. Barça.

Le bébé rorqual. La mother fucking trace de la tente dans le sable. Cette putain de sa mère de liberté élardés comme des merdes sur la plage. Les soucis, les habits, les ennuis, à la poubelle. La tortue. Les tellines. Le brossage de dents à pas d'heure au milieu de rien en cacas de mouettes. Utiliser les bonnes sardines. Et j'en passe.

Tu t'en fous déjà moins. Si je regrette ? Rien. Si c'était à refaire ? Plutôt deux fois qu'une. 
Et mes choix d'aujourd'hui. Curiosité. Je ne regrette rien non plus. Même si la vie est moins drôle, elle est ainsi faite. Si c'était à refaire ? Pour mon équilibre, je le referai. J'aurai préféré que tu l'acceptes, le comprennes.
J'aurai préférer garder mon amie. Effacer Bordeaux. 

La vie n'est pas faite que de libertés. Ce sont des obligations, de la peine, des douleurs, parfois au ventre, parfois ailleurs. 

Je ne rencontrerai jamais dans ma vie quelqu'un qui aura vécu ce que l'on a vécu. Jamais, ça n'existe pas.
Nous avons eu la chance de vivre avec un V majuscule. Alors regretter ? Jamais. 




Jeudi 16 janvier 2020 à 23:39

J’ai des trucs à écrire.
Il est tard, je n’ai pas de temps pour moi.
Juste un peu de temps pour lire, avec le sourire.

Cela fait 7 ans que je suis en couple. 

Je prendrai bientôt du temps pour écrire. Dans les prochains jours.
J’ecrirai posé, bien dans ma tête, avec ce même sourire, ou je n’écrirai pas.

Mercredi 15 janvier 2020 à 23:12

 

la mer me manque.
j’en aurai besoin là, le temps de prendre le temps.
le temps d’écouter les vagues, regarder l’écume, les petits poissons ou les crabes s’il y en a.
la vie me bouscule un peu en ce moment, la coupe est pleine on suffoque alors que tout autour est présent. Ou presque.

ma famille me manque un peu.
est ce que je les ai abandonnés ? Est ce eux qui m’abandonne ? C’est moi qui suis parti, éloigné.
j’ai voulu la montagne, je l’ai eue. 
elle et son lot de belles choses. Son naturel et ses couleurs. 
on y trouve des choses qu’on est pas venu chercher. 
il y a bien souvent l’inattendu. Elles sont grandioses mais ce monde est petit.

c’est l’avantage. Autour, des gens qui partagent parfois les mêmes passions.
j’ai voulu la montagne mais la mer me manque.

rien ne la remplacera, jamais. Elle est le seul passer que je garde en moi.
elle est les beaux souvenirs, ceux dont je parle systématiquement ici.
elle est ma madeleine de proust. Mon phare dans la nuit.

bonne année ademimaux, princessederien, emmie heart et aurelie. 
 

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