Vivre.sa.vie

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Jeudi 18 septembre 2014 à 21:26



J'ai décidé de m'installer sur cette chaise inconfortable.

Je suis vite rentré pour me retrouver seul et déballer le temps d'un courant d'air ce que je retenais jusque là en moi. J'ai toujours autant le besoin d'écrire, de me retrouver dans cet univers que je me suis créé de toute pièce. C'est un monde légèrement décalé de ma réalité insipide où je me réfugie, seul, le temps d'un rien. C'est ma bulle d'oxygène, cet instant où je sens battre mon coeur et mes poumons se remplir. 

C'en est fini, je suis rentré de vacances. Je suis revenu, sans prononcer un mot, et j'attends mardi prochain, que l'automne m'avale. Les trucs avec les feuilles jaunes qui font du bruit par terre, avec le ciel qui s'obscurcit et la peau qui se chair de poule.
 
Je reste là, sans rien dire, à chercher le soleil qui brunissait ma peau. A chercher les sensations qui me parcouraient, les odeurs du herbes, la couleur de rochers le soir ou le matin, les chemins caillouteux et poussiéreux. Je cherche ces gens simples, vrais, vivants. Je cherche... mais où sont-ils ? Tout est resté là bas. Et moi
 ?

Evidemment ce ne sont pas les gens qui me manquent le plus, car eux aussi sont de passage et ils laissent derrière eux leur magie en partant. Ce qui me manque c'est la mer, c'est son goût, son bruit, son odeur. Ce sont les footing les matins avant 8h dans les forêts de pins pour rejoindre la plage. C'est la maison aux chats, à moitié abandonnée au bord de l'eau sur la gauche, là où je me dévêtais avant de nager. Il n'y aura pas de description de ces moments simples, de bonheur, à l'abri de ce monde si dur. 
Lorsque je retournais au camping, j'apercevais sa petite tête, puis M. Rasmussen qui partait en vélo. Nous partions en voiture rejoindre l'esclat pour faire les provisions de la journée. Il y avait cette crique là, et ses filles, on y reviendra. Il fallait marcher au minimum une demie heure avant de la rejoindre. C'est le prix à payer. Il fallait passer sur la gauche pour rentrer dans l'eau avec du sable. Plus loin, en nageant un peu, on pouvait se mettre debout on avait pied. Au fond à cet endroit là il y avait des bancs de gros poissons, puis des petits Nemo. C'est comme ces énormes vers là, qui ressemble à rien. Il attendent je ne sais quoi au fond de l'eau. On s'en fout, je voulais parler des filles. Il y avait ces deux filles là, qui avaient décidé de dormir sur la crique, une semaine. Elles passaient leurs journées et leurs nuits, là, toutes nues. Le matin elles ne se parlaient pas trop, le midi elles se coupaient des légumes venus de je ne sais où, et l'après midi un couple les rejoignaient, et elles parlaient, beaucoup, comme des espagnoles en somme. Ce n'est pas en france que ça arriverait.. Pourquoi là bas les gens ils vont à la plage, pour les trois quart nus, entre amis, comme si c'était normal ? Qu'est ce qui cloche en france pour que l'on soit aussi fermés d'esprits, aussi aigris, à ne pas accepter la différence, à ne pas accepter la liberté ? Arrêtons les questions, les réponses ne se trouveront jamais ici. Deux jeunes filles, seules, nues. Qu'est ce que je les enviais.. Et nous les retrouvions tous les jours, la première semaine. Et tous les jours il y avait le couple de Russes avec la dame blonde qui respirait tout ce qu'elle pouvait les yeux fermés, debout, les pieds dans l'eau. Et tous les jours il y avait cette dame seule, qui nous saluait en partant. Et tous les jours il y avait ce jeune couple scandinave avec l'homme barbu. Et tous les jours il y avait ce couple d'espagnoles avec ce mec bizarre sous son chapeau de paille qui passait son temps à écouter son mp3 et sa femme qui restait sous le parasol, sans dire mot. Et tous les jours il y avait le couple d'anglais avec l'homme qui passait son temps à filmer la mer et les rochers. Et tous les jours il y avait la famille d'habitués merguez qui faisaient partis du camping. Le couple avec le grand monsieur aussi faisait parti du camping. A la fin il y avait également le couple de français qui revenait régulièrement. Et tous les jours nous étions là, dans cette vie utopiste, à côté de ces filles, à se nourrir de soleil, de sel, de sable et de simplicité.

Il n'y a que lorsque tu rentres et que tu te regardes sous la douche, bronzé, sans la moindre marque, que tu te dis que finalement ce n'était peut-être pas qu'un rêve. Mais le bronzage s'efface et les souvenirs aussi. 
J'aimerai tellement rencontrer des gens comme ça, avoir des amis comme ça.
C'est ça, que j'veux.  
              

Jeudi 7 août 2014 à 22:30



Je ne peux pas me confier ici, peut être encore moins ailleurs.
Les lieux de rêves qui devenaient réalité se sont envolés. Comme ça, d'un coup. 
La routine incolore fait disparaitre l'inconscience.
Il faut faire des choix dans la vie. Le bonheur existe mais il ne semble jamais plein comme je l'ai toujours espéré. Je ne savais pas qu'au bout d'un moment on vieillissait comme nos parents, et que eux aussi tu sais, comme les leurs. Ceux qui sont vieux, ce moment, là, où l'on s'aperçoit un beau matin que la vie est derrière. Cette période où les regrets, les remords, se suivent, les uns derrière les autres. Il semblerait que l'on ne puisse jamais retourner en arrière.
Souvent me reviennent ces images de l'enterrement. On m'avait pas dit que c'était dur, alors même que ce n'était qu'un prélude. Ca me laisse sans voix.
J'ai l'impression d'avoir perdu mon univers, tu sais. Perdu n'est pas le mot qui convient, il est toujours là, à errer quelque part. Un jour il faudra choisir.
Vivre ou mourir. 

Mercredi 16 juillet 2014 à 21:44


On aura le choix de tenir le cap à fuir la vie comme dans une cour de récré à courir plus loin que l'autre. Les portes qui restent ouvertes finissent toujours par prendre la poussière. En règle générale les humains qui ne la ferment pas ont en tête de la refranchir, revenir et se souvenir. Mais l'arrière et moi ça fait deux.
 L'arrière et toi ça fait trois. 

On peut faire le choix de ne jamais se souvenir, tout fini par s'effriter ou presque. J'ai vieilli, comme eux. Mes questions aussi. Tout se déforme, ma bonne volonté, ma sincérité, tout ça a pris un coup de vieux et a fait naître l'incompréhension, puis des choses plus négatives, plus noires, sorte de dégoût venu de nulle part mais venu quand même. 

Ca se redétruit à l'intérieur. C'est la vie. Ce sont des cycles. Serai-je à jamais amoureux de cette barre qui clignote en attendant les prochains mots ? Je la déteste tout autant. Tout comme je déteste écrire. 

Rassure moi, je ne vais pas mourir ainsi ?



Samedi 12 juillet 2014 à 22:17


Il faudrait avoir du temps pour tenir ce monde à jour. Mais je n'en ai pas. Pourtant je n'ai rien à faire. Je n'ai quasiment pas d'amis, je suis asocial, "inadapté" ils disent dans le dictionnaire. C'est ça, je dois être inadapté. Je me mens malgré tout pour vivre comme tout le monde, mais vivre dans le sens premier du terme. Faire acte de présence, rire quand il le faut, tout ça.

Je ne sais pas moi, s'il y aura quelqu'un qui me lira un jour. Si parmi ces quelqu'un, quelqu'un se reconnaitra, un peu. Il n'a pas fait beau et j'ai un peu froid.

Froid dedans, froid dehors, et des questions, partout. Ca ne se voit pas hein, mais je dois approcher de mes dix ans sur cowblog.
Dix.

Samedi 26 avril 2014 à 15:49


Voici venu le temps des présentations.

J'écris un article au soleil sur un balcon avec en fond le bruit des tondeuses et des enfants. Vous l'aurez compris, c'est moi là, en tout petit. Je suis celui qu'on ne voit qu'à moitié, toujours un peu loin, toujours un peu flou. Je suis un gentil. Un de ceux qui font du mal il parait, sans le vouloir. Un de ceux qui donnent tout et qui reçoivent un coup de poing au cœur, sans riposter.

Je me contente de peu, avec ma tête on met cap sur mes rêves et mes pensées. Dans un monde si dur et si noir où l'on ne nous fait pas de cadeau il ne reste plus que cela. Puis ces petits moments de rien, ces fractions de secondes de bonheur qui passent en étoile filante.
Nous sommes tous des rêveurs, nous sommes tous des gentils. Nous sommes ceux qui pleurons lorsque l'on perd un proche, tous plus ou moins fragiles. Mais ensemble, nous sommes différents, transformés pour faire face à tout ce qui est dur et que nous ne maitrisons pas. Nous sommes le travail, le goudron, nous sommes le chanel et l'armani, nous laissons notre trace noirâtre et indélébile dans ce qui fut et restera malgré tout la Nature. 

Je suis celui qui bouffe de la pub les soirs devant la tv après une journée de travail. Je suis celui qui va emmener sa voiture pour la révision, je suis celui qui vit par là et qui paye ses impôts. Je passe du temps devant un ordinateur, vital pour la survie de l'espèce. Je suis désespérant, banal, triste et parfois aveuglément joyeux. 

Bref, je suis chaque jour ce que l'on a voulu faire de moi, comme vous.


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