Vivre.sa.vie

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Dimanche 29 mai 2016 à 14:18




Je me sens dans les prémices d'un tournant de ma vie. Je ne vais pas parler de choses qui vont te passionner, après tout on écrit avant tout pour soit. 

Mon amour pour le trail est toujours plus grand. C'est une des rares choses qui m'anime. Parfois la seule. C'est sans doute triste de ce raccrocher à quelque chose d'apparence aussi banal et inutile que la course à pied. Mais cette chose a le mérite d'exister et de me tenir vivant lorsque je manque d'air, ou que l'horizon s'obscurcit. 
En ce moment j'ai mal à mon genoux. Et ça depuis le trail du Cap de Creus. lol, ah oui c'est vrai. Le trail du cap de creus. Rien que ça j'en verserai ma larme si je pouvais. Tu sais toi ce que c'est le Cap de creus. Cet endroit secret qui borde le paradis. Mais pas que. Cet endroit où l'on peut se baigner de liberté, là où la vie t'autorise à vivre l'instant présent mais surtout, de le vivre à cent pour cent.
Tous ces moments vécus. 
Mes plus beaux souvenirs du passés. Les seuls souvenirs que j'ai gardé.
Bref, et bien je n'ai pas vu passer ces 42 kilomètres et ses deux mille mètres de dénivelé positifs, à contre vent. Je n'ai pas vu passer toutes ces descentes à hurler, seul, de douleurs à ce foutu genoux, tant j'étais porté par cet amour mystique que m'apport ce lieux.
Je n'ai pas fini à une place glorieuse et je m'en fiche éperdument, surtout pour cette course là. L'essentiel était d'être là. A cet instant présent. L'essentiel était de le vivre. L'essentiel était de le finir. Je l'ai fait.
Tout ça pour dire qu'en ce moment j'ai mal à mon genoux et je sais combien je peux perdre cela. Mon ventre aussi peut tout me faire perdre. Sur le fil, comme toujours hein. 

On peut toujours tout perdre, trop vite. Profite.

Et donc au boulot j'ai dit à mon chef et au chef du chef, que j'en avais marre. Que je ne voulais plus continuer comme ça. Première étape franchie. 
Peut être une erreur, peut-être une délivrance.
Je n'ai pas la moindre conscience du danger de se retrouver sans rien, de jouer avec le feu, avec "la chance" du cdi. La chance de l'enfermement hebdomadaire, la chance d'avoir des responsabilités, la chance de la vie unicolore et monotone.
Je veux quitter mon travail mais tout n'est pas si simple. Ou aller, que faire, quand. Mais mon esprit rebelle s'en fout en fait. Ce qui est sûr, c'est que si je pars, je ne veux plus retrouver ce genre de choses. J'en ai rien à foutre de voyager en 1ère, d'être avec tous ces cons en costard qui se prennent pour les maîtres du monde alors qu'ils n'ont pour certains jamais vécu l'Instant. Faux riches de rien.

J'ai un rêve. Irréalisable, mais ça on s'en fiche.
C'est de devenir comme toutes ces coureurs que j'admire. Ils/elles me font rêver. Je me mets à leur place et imagine le sentiment de liberté, ce doit être jouissif tout ce qu'ils doivent ressentir. Cette facilité à passer au delà des montagnes, à repousser les limites, à jouer avec les éléments, se surpasser, sentir son corps en mouvement, se sentir plus que jamais vivant.
Il faut dévaler les singles au milieu des grands espaces pour le comprendre.
Il faut courir soixante dix kilomètres et vivre les cinq cent derniers mètres poussés par la clameur des gens pour le comprendre.
Vivre ces instants aussi beaux que difficiles.

https://youtu.be/Qcvuy9t8NxQ

Ce sont toutes ces personnes, certaines que j'ai pu voir, encourager, des parcours que j'ai pu avoir la chance d'emprunter. 

Chaque course est une aventure.
 


Vendredi 6 mai 2016 à 16:52

Le 30/06/2016, 20h50

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