Vivre.sa.vie

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Dimanche 29 novembre 2015 à 18:39



Il y a un mois maintenant, je ne m'attendais pas à ce que cette chanson résonne dans l'église.
Elle est apparue dans un silence angélique, discrète, puis s'est imposée dans mon coeur.
 
Tout était très calme, très lourd, mais reposant.

Je ne me souviens plus très bien, si j'ai pleuré parce que le moment était trop dur, ou s'il était trop beau.
Sans doute un peu des deux.

Les gens passaient au centre, toujours en silence, et je me retenais tant que je pouvais.
Je voyais ma maman de l'autre côté, avec ses soeurs, au premier rang.
Je me trouvais au deuxième rang, et les pleurs en sourdine de ma petite cousine devant moi venaient parfois trancher le silence.

En quittant l'église j'ai pleuré de sentir ma maman si orpheline, lorsqu'elle a pris mon bras ainsi que celui de ma soeur.
Une fois de plus je me retrouvais en première ligne du cortège. 
S'en est suivi une marche infinie jusqu'au cimetière. 

Les enterrements se sont suivis les uns après les autres, tous différents.

Je suis vidé.

Mais je ne m'apitoies pas sur mon sort, une page se tourne, une "drôle" de page. 
Et malgré la tristesse il faut accepter et continuer de vivre, aussi longtemps que le livre reste ouvert.
Il faut ressortir de ces épreuves plus fort, plus fier de soi et de sa famille. Plus unis que jamais. 

Ces événements me poussent à être toujours meilleur, avec moi même et avec mes proches.
 
 

Samedi 21 novembre 2015 à 17:17

 
Bon, voilà, on y est.
J'ai ouvert cette page blanche et j'ai reçu un appel. 

La semaine prochaine je me rendrai à mon 3ème enterrement. 
Aujourd'hui à 17h je n'ai plus de grands parents.
 

Je n'ai plus de grands parents ?
Non, je n'ai plus de grands parents. J'ai beau re compter, je n'en ai plus.

Hé toi la haut, tu sais quoi ? On va arrêter là hein. C'est bon. Pouces. Stop.
Ca fait beaucoup. Voire trop.

Cette fois j'étais préparé psychologiquement, car en ce moment, rien ne va.

Bon, je m'arrête là je n'ai plus envie.


Juste une dernière chose. Je vous aime.
 
 

Vendredi 13 novembre 2015 à 18:46

 

A partir d'il y a quelques jours, ou depuis, je ne pense plus qu'à la Saintélyon.
Ca me rend très bizarre. Triste, d'abord. Comme si j'allais être abandonné dans la nuit au milieu de nulle part. Comme si je ne comprenais pas pourquoi j'avais payé (une fortune) pour vivre ça. Sauf que. Dans ma tête, la ligne est droite. Et je ne visualise pas la moindre option qui pourrait faire que je puisse y échapper. Je ne suis pas du tout prêt, puisque pas préparé. Je n'ai jamais fait un marathon et là, je m'apprête à partir pour 72km, avec un certain dénivelé. Puis le froid. La déshydratation. Les problèmes digestifs, tout ça.
Je dois (?) y aller, je dois (?) le faire, mais je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça, c'est écrit peut être.

Je ne suis pas (encore) mort au fait. Mais j'ai été à un enterrement (encore). J'ai pleuré, cette fois. 

Pleuré un peu seul, un peu dans mon coin. Ma maman et ma soeur, pas loin. Je ne maîtrise pas trop tout ça, et je ne comprends toujours pas. En revenant j'ai pensé à l'Espagne, je ne sais pas pourquoi. Je me suis dit que c'est fou à quel point on peut oublier le malheur parfois. La bas on ne pense qu'à profiter, à se demander comment le faire et à essayer de rentabiliser. Comme quoi ça doit être vrai, qu'il y a des hauts et des bas dans la vie.

Au boulot à présent je brasse des millions. Je fais des heures, j'ai des responsabilités, le cerveau préoccupé, le tout pour pas un copec de plus. Cette vie est telle que je la détestais. Plate, neutre, carrée, droite. 
 
C'est pour ça que je cours. Quand ça ne va pas je me raccroche au trail. 
Je me dis que je rêverai faire cette course, courir dans ces endroits, me sentir voler, me dépasser. 
Le trail il ne te lâche pas, c'est complètement abstrait. Le seul qui peut lâcher c'est moi.
Et plus les kilomètres défilent, plus l'esprit s'évade, les tensions diminuent. 

J'ai besoin de me sentir bien dans mon corps.
Courir, faire du sport très régulièrement, manger végétarien, voire vegan.
Se sentir progresser, voir les kilomètres défiler, récupérer plus vite, être moins fatigué la journée. Tout ça.

Born to run. Eat and run.Tout ça.

 

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