Vivre.sa.vie

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Mercredi 19 septembre 2018 à 22:44

 J'ai croisé le regard de Maria l'autre jour. Elle était dehors, sur une chaise et discutait avec un client. Je passais en courant. J'ai tourné la tête, elle a tourné la sienne. Une micro seconde. Une micro seconde pour un voyage dans le temps. Le bon, pas l'autre. La chambre dans l'angle. 
 
Pendant ce temps tout va mal. En vacances normalement tout va bien, mais la non. Heureusement c'est la fin. L'heure de retrouver l'heure. Les impératifs. La pression, pas celle qui se boit. Le business comme ils disent. La routine. La gerbance. La gerbitude. Le dégoût total et profond de la vie incomprise. Seul réconfort, les montagnes a côté.
 
La vie incomprise. Celle qui créé les gens qui essayent de vivre ensemble mais qui ne se comprennent pas. J'aime pas les gens. J'aime pas ceux qui ne respectent pas les autres. Ceux qui sont violents. Ceux qui se croient au dessus. Et tous les autres. J'aime les gens gentils, simples, respectueux, discrets, ouverts, ceux qui n'existent pas.
 
J'ai pas d'amis. Zéro. Je préfère ne pas en avoir que d'être avec des gens qui ne me correspondent pas. Je sais pas où ils sont. Ni même s'ils existent.

C'est vrai ça, j'ai pas d'amis. Et en y réfléchissant je me dis que zéro c'est vraiment pas beaucoup.
J'ai des amis animaux, des chamois, des bouquetins, des moutons, des vaches, des rencontres furtives plus ou moins insolites a droite et a gauche. 
 
J'avoue avoir une fascination pour les filles et femmes espagnoles, catalanes. Cette façon de parler, ce soleil tatoué sur la peau, et cette foutue liberté qui transpire de partout. Je vois des choses indescriptibles, disons que je n'ai pas envie de les raconter ici. Toujours les mêmes choses. 
Des moments si simples et si beaux qu'ils ne peuvent être vecus. Ça fait souvent du mal de les voir. Ils n'existent qu'ici.
Ils n'existaient qu'ici.


Vendredi 17 août 2018 à 23:02

 Je ne sais pas si je n'ai pas été programmé pour souffrir ou si c'est simplement que je suis une mauviette. Peut être un peu des deux. La vie d'équilibre toujours. Bientôt quatre mois que je suis à la montagne. Sans dire que je me sens heureux, je me sens bien, enfin. Simplement je me sens bien, j'essaye même parfois de profiter. Profiter d'instants de rien. De ne plus être au bureau entouré de cons mais d'être simplement entouré de montagnes. Quelle terrible année encore. Semblable à toutes les autres. Maintenant je peux perdre mon père n'importe quand. Maintenant je perds un peu de ma mère. Tout ça m'est tombe dessus, je l'ai pas vu venir. Fumez, buvez, peut être ne vous arrivera t-il rien. Pourquoi les cons eux ils ne semblent jamais malades. Pourquoi j'ai toujours cette impression qu'il y a quelqu'un au dessus qui me punit. Qu'ai-je fait de si mal ? Suis je bête au point de ne rien voir ? On devrait pas faire ça aux sensibles. Aux faibles comme moi. A ce p'tit con qui n'a jamais su vivre. De chair et d'os. La mort en ligne de mire. Toujours moins loin qu'on ne le croit.

Dimanche 29 avril 2018 à 23:16

Il ne se passe rien ici.
C'est le moment de partir. 
Oui il se passe quelque chose. Oui une page se tourne. Oui un risque à été pris, pour une fois.

Les passé est derrière mais subsiste. C'est une école qui nous guide vers le lendemain. 

Il n'y a plus de mots, les pages se figent et prennent la poussière. Je ne sais pas si je souhaite que ça change. J'ai l'impression de me confier à une chaise vide. 

J'avais des crampons, des super vêtements techniques, j'ai maintenant le casque, le baudrier, le piolet et tout le merdier. Je ne sais pas m'en servir. La montagne apprend l'humilité. 
Mais la montagne est là, devant moi. J'ai cette vision sans cesse où je me retrouve en haut, quelque part, très seul, dans ce refuge. Au sens figuré. Mais oui, cette vision d'avoir quelque part un refuge qui m'attends. Des moments à moi, seul, entouré de belles choses, d'une nature rayonnante, encore vivante, un peu. 
Tout se recoupe. J'ai cette montagne devant moi, avec l'objectif d'aller en haut. Un peu comme une vie et son objectif. 

Courir, effleurer la montagne, briser le vent, se sentir libre autrement. 

Vendredi 20 avril 2018 à 22:30

Le soleil et la chaleur.
En ce moment je repense au passé, un peu plus qu'avant. Car les beaux jours, c'est aussi les souvenirs. Ceux d'avoir vécu.
C'est triste ou pas, mais c'est comme ça, à coup sûr, ce sont des moments que je ne revivrai plus. Pourquoi ? C'est un choix. C'est comme ça. Ça paraît contradictoire et pourtant c'est comme si la vie était tracée et qu'elle décidait. Je ne pense pas avoir de regrets de ne plus le vivre. Il y a sans doute d'autres choses à découvrir. Ailleurs, n'importe quand. Mais ça restera sans doute les plus beaux moments. 
Alors regretter ? S'en vouloir ? Se dire que ça aurait dû être comme ci ou comme ça ? Pourquoi ne jamais se satisfaire alors que ça reste ce qu'il y a eu de mieux ? Pourquoi ne jamais être content, chercher les erreurs sans cesse ? Je l'ai toujours dis, j'ai gardé et je garderai à jamais le meilleur. 

Vendredi 16 mars 2018 à 23:23


Je ne sais pas. 

Je suis dans le virage d'une vie. D'une petite vie. Normalement, derrière, il y a des choses biens. Des promesses de moments de bien être à parcourir les sommets, à dévaler sur les crêtes, les bras en équilibre. Des moments à moi. De solitude et d'altitude. De nature et d'animaux sauvages. Comme moi. Dans la personnalité seulement. 

Le problème d'un virage c'est qu'on ne sait jamais ce qu'il y a derrière. On pourrait se prendre un truc en pleine face. On pourrait se perdre dans une désillusion chronique. Les prémices de rêves d'une vie qui n'existe pas. 

Je n'ai jamais eu droit à l'espoir, je n'ai jamais été tiré au sort pour le droit de vivre.sa.vie.

Alors je me permets de doute. Encore et encore. A me poser des milliers de questions. Encore et encore. A me torturer l'esprit, à ressentir mon ventre. Encore et encore. 


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